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Raoul Nabet, Président APS
Le président de l’APS, qui se représente en avril pour une mandature complète de 3 ans, considère avoir respecté son 1er programme…
mais avoir encore à faire pour adapter l’association aux temps modernes.
Depuis bientôt un an, vous avez été élu président de l’APS. Avez-vous des regrets de vous être présenté ?
Absolument pas. Je vis une expérience très enrichissante, j’ai découvert à l’APS un « métier » que je ne connaissais pas, alors que j’ai gravi, au cours de nombreuses années d’engagement professionnel, tous les échelons du SNAV jusqu’à la vice-présidence.

N’auriez-vous pas préféré être président du SNAV ?
Oh non ! Il y a dans cette dernière fonction une dimension “politique” que je ne me sentirais pas capable d’assumer.

Pas de politique à l’APS ?
Non, plutôt de la stratégie et de la gestion. Ce sont deux domaines que je connais et maîtrise. J’ai découvert il y a bien longtemps le rôle essentiel, primordial, de l’APS dans le métier quand, en 1980, elle m’a permis de survivre à la défaillance d’un fournisseur qui aurait pu m’entraîner dans son désastre.
J’ai été délégué régional de l’APS, administrateur frustré de ne pas être suffisamment impliqué et informé, avant de me présenter à la présidence, pensant que je pourrais animer autrement cette institution.

Autrement, c’est-à-dire ?
Je ne dis pas que ce qui se faisait auparavant n’était pas bien mais j’affirme que les temps ont changé et l’APS devait évoluer.

Dans quel sens ?
Vers plus de transparence, plus d’implication de tous les administrateurs, plus de rigueur dans les process pour mieux protéger les permanents et encadrer leurs missions.

Avant de développer vos actions, une question : souhaitez-vous pour-suivre vos fonctions à la tête de l’APS ?
C’est évident. J’ai entamé des réformes, je veux les mener à bien… si les électeurs agents de voyages me renouvellent leur confiance et si le nouveau Conseil d’administration fait de même.

Vous considérez qu’un an c’est bien trop court pour terminer vo-tre programme ?
Quand je me suis présenté à la présidence, l’année dernière, j’ai écrit mon programme et l’ai soumis au vote. J’en ai réalisé une bonne partie, pas tout, c’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai suggéré que les administrateurs (et donc le président), dans les prochains statuts, soient élus pour 3 ans. C’est un bon laps de temps pour, non seulement aborder les chantiers prioritaires, mais les conduire à leur aboutissement et à leur mise en place. Pour ma deuxième mandature éventuelle, je présenterai à nouveau mon programme de travail aux administrateurs ou candidats au Conseil.

Quels sont les chantiers travaillés au cours de votre première année ?
Ce sont des chantiers lourds, peut être peu valorisants, qui nous ont pris beaucoup de temps : participation aux réunions sur la nouvelle loi, réforme des statuts, mise au point de nouvelles statistiques nous permettant de disposer d’une photographie précise de nos adhérents, par métier, volumes d’activité, tranches de garantie, etc. Nous avons également arrêté par écrit, et présenté à la validation du Conseil d’administration, des process à respecter pour tous les cas de figure. C’était d’autant plus indispensable que de nouveaux adhérents devraient nous rejoindre, dans des configurations d’entreprise très différentes de celles du passé où nous n’avions affaire qu’à des agences de voyages ou assimilés. Ces nouveaux process codifiés nous donneront encore plus de sécurité.

Vous avez dit, tout à l’heure, votre volonté de jouer la transparence et la concertation avec vos administrateurs. Certains vous reprochent d’avoir, parfois, lancé publiquement des hypothèses sans en avoir parlé précédemment au Conseil. Est-ce exact ?
J’ai fait une déclaration au sujet de la billetterie au cours de l’AG du SNAV Est qui se réunissait en Autriche, puis au congrès TourCom de Genève. J’arrivais tout droit de Bruxelles où je participais à une réunion de constitution d’une association des fonds de garantie européens. Un intervenant à cette réunion, permanent de la CEE participant aux travaux de la Directive sur les voyages à forfait, nous a informé qu’il était envisagé d’exiger la garantie sur le « ticket only ». Non pas par le biais d’une loi, longue à voter et faire appliquer, mais par celui d’une résolution qui peut être applicable en 6 mois. Aucun d’entre nous – les 10 pays présents – n’imaginait que ce texte était à ce point avancé. Comment pouvais-je ne pas parler aux agents de voyages de l’Est et à ceux de TourCom d’une éventualité aussi importante ? Certains administrateurs me l’ont reproché. Qu’auraient-ils fait à ma place, dans cette situation sans possibilité de recul, avec quelques centaines d’agents de voyages face à eux ?

Les relations à l’intérieur du Conseil sont-elles toujours conflictuelles ?
J’ai été élu par la moitié plus une voix des administrateurs présents. L’autre moitié ne voulait pas de moi, dont certains administrateurs dans une totale opposition, nette et déclarée. Je regrette qu’ils se laissent parfois aller à des prises de position partisanes et contraires à l’intérêt général. Un exemple : j’ai exprimé le désir de faire une ouverture en direction des producteurs, faiblement représentés au Conseil. Le CETO pèse un lourd poids économique dans la profession, il me paraissait normal qu’il soit mieux entendu en participant à nos travaux.

Avec droit de vote ?
Quand on accepte d’être rejoint par une entité, on ne lui offre pas qu’une moitié de fauteuil ! Malheureusement, le Conseil a refusé qu’un président en exercice, quel qu’il soit, puisse coopter 1 ou 2 personnes représentatives de telle ou telle branche de la profession pour que le Conseil comprenne, en son sein, des représentants de toutes les activités. Peut être ai-je manqué de sens politique dans ma proposition qui m’a valu un refus partisan. Je ne serais personnellement pas choqué que siègent de droit, au Conseil, les présidents de réseaux comptant plusieurs centaines d’agences, l’un ou l’autre des TO présents dans le TOP 5 de la production. Cela n’enlèverait rien aux petits et moyens adhérents car le principe « 1 entreprise = 1 voix » perdurerait.

Vous aviez promis de réaliser des économies de gestion. Qu’en est-il ?
J’avais d’abord envisagé que l’indemnité présidentielle ne me soit pas versée mais partagée, selon certains critères, entre tous les administrateurs. Les administrateurs n’en ont pas voulu. Je respecte et salue leur décision. Nous avons donc déjà économisé cette somme. Si je suis réélu, je n’accepterais pas de rémunération, je veux rester élu non salarié.

Poursuivons sur les économies ?
Nous avons réduit de 18 000 € par an les honoraires de notre lobbyiste à Bruxelles ; de 18 000 € les honoraires du fiscaliste ; de
15 000 € ceux de l’assureur ; de 20 000 € le coût de la restauration des conseils et bureaux. Au total, hors communication, nous économisons 180 000 € en année pleine sur le budget prévisionnel. En une période de crise, quand tout le monde rencontre des difficultés, c’était la moindre des choses de nous serrer la ceinture, nous aussi.

Où en êtes-vous des investissements en communication ?
Nous avons suspendu le contrat avec RTL mais continué celui avec les TV régionales. Au total, nous économisons 245 000 € dans ce domaine.

Restons sur la communication. Quelles sont vos intentions ?
Une commission œuvre sur ce sujet, animée par un chargé de mission en la personne de Philippe Demonchy. Après avoir consulté 3 cabinets spécialisés, la commission met au point un plan de communication qui prévoiera peut-être, dans le futur, un nouveau nom pour l’APS, plus « parlant » pour les agences et les consommateurs ; immédiatement, nous ajouterons une « base line » explicative de notre rôle. Nous conserverons sans doute notre emblème : la coccinelle. Pour le reste, c’est-à-dire une « collective » de publicité en faveur des agences, nous nous concerterons avec le SNAV, le CETO, nos partenaires, le ministère pour dégager des fonds suffisants pour une campagne vraiment visible.

Quid de votre structure commune de formation avec le SNAV ?
Nous avancerons bien en 2010. Cette structure aura le double avantage d’une meilleure utilisation, par les adhérents, de leur budget DIF, et d’autre part de maîtriser le stage de 300 heures de formation répartis sur 4 mois, dont la moitié effectué en entreprise, prévu par la loi pour accéder à la profession. Nous pourrons ainsi en contrôler le contenu et avoir un retour des formateurs sur leur évaluation des stagiaires : un filtre supplémentaire de sécurité pour les éventuels nouveaux adhérents à l’APS. Cette structure sera détenue à raison de 50 % chacun par le SNAV et l’APS. Son coût de création est prévu dans notre budget 2010.

Comment allez-vous résoudre le problème posé aux agences par les nouvelles contraintes (en particulier le ratio de liquidité) imposées par IATA ?
Nous participerons à la création d’une caisse de caution des agences de voyages que nous pourrions gérer car nous avons l’expertise nécessaire.

Demanderez-vous des garanties complémentaires aux agences qui y adhèreront ?
Nous serons contraints de demander des contre-garanties, sans doute sous la forme d’hypothèques. Avec le BSP, nous changeons de catégorie ! En 2008, cet organisme a enregistré 16 M€ de sinistres… Nous devrons croiser les doigts, espérer ne pas constater trop de sinistres en premières années pour pouvoir constituer des réserves et exister, sans être trop obligés de faire appel à la réassurance.

N°42-43 - Hiver/Printemps 2010

¤ Le bloc-note stratégique
de Pierre Amalou
¤ Actualités
  Christian Mantéi, Directeur général Atout France
  Raoul Nabet, Président APS
¤ Métiers
  Denis Wathier, président du Directoire Thomas Cook France
  Patrice Caradec, président-directeur général Transat France
  Florian Vighier, Directeur général Marmara
  Philippe de Saint-Victor, directeur général AS Voyages (Afat/Selectour)
  Richard Vainopoulos, président TourCom
  Jean Korcia, Président GIE Manor
  Christian Schmitter, Président-directeur général de CroisiEurope
  Colette Viera da Silva, président-directeur général de Croisitour
  José Martinez, Président-directeur général Amplitudes
  Lionel Guérin, président-directeur général Transavia
  Emmanuel Foiry, président-directeur général Kuoni France
  Michel Thomas-Penette, Directeur Institut Européen des Itinéraires Culturels
  Marc Watkins, président Comité pour la modernisation de l’hôtellerie
¤ Destinations
  Un hôtel pour un forum
  Paul Roll, dg Office de Tourisme et des Congrès de Paris
  Thierry Baudier, Délégué général Club France Terre de tourisme
¤ Etudes
  Stratégie d’une catégorie de voyageurs
  Jean-François Minne, Président WTEA (World Tourism Experts Association)
  De voyageur amateur à voyageur expert

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