| Jean Korcia, Président GIE Manor |
Le président de Manor,
satisfait de l’état de son réseau après un exercice difficile,
voudrait investir dans le multicanal. |
Comment va Manor ?
Pas mal, merci ! Grâce à la qualité des entreprises de nos adhérents, à leur bonne santé financière, à la technicité et à l’esprit commercial de leurs équipes, nous avons convenablement passé l’année 2009, sans réaliser des exploits mais aussi sans dégâts. A quelques points près, nous maintenons nos scores des années passées, tant en volume de facturation qu’en résultats.
Votre compétitivité est-elle maintenue quand vos concurrents, à la suite de fusion, obtiennent 14 % de commissions versées directement aux agences par leurs TO référencés ?
Sans éclat médiatique, notre taux moyen atteint également 14 %, et parfois plus. Et nos récents accords avec Thomas Cook amélioreront encore le taux de commissions tourisme des agences de notre groupement qui auront signé avec ce groupe un contrat d’affiliation, de franchise ou d’enseigne.
Combien d’entreprises ont conclu ce contrat, à ce jour ?
Une bonne vingtaine d’agences, sans compter celles du CEDIV à venir.
L’absence d’une centrale de paiement dans votre panoplie de services n’est-elle pas un handicap ?
Absolument pas. D’une part, parce que les agences liées à Thomas Cook bénéficieront de sa centrale, d’autre part, car nous suivrons sans doute le CEDIV dans ses accords dans ce domaine, et enfin parce que beaucoup de nos adhérents ont des accords particuliers de règlement des factures des TO qui leur font confiance.
En avez-vous terminé avec les négociations pour la Billetterie et le Tourisme ?
Nous les finalisons. Nous constatons qu’avec les compagnies aériennes comme avec les TO, nous aboutissons aux mêmes accords que précédemment, sans détérioration malgré la difficulté des temps. Nous sommes heureux d’avoir renoué avec Kuoni, Asia, Donatello de façon discrète mais efficace. Avec la plupart de nos partenaires, nous avons resigné pour 3 ans, parfois 2.
Et avec les compagnies aériennes ?
Seuls ou avec le G4, nous avons renouvelé l’ensemble des accords, dans d’excellentes conditions et avec l’assurance que nous serons placés au niveau des meilleures conditions du marché.
Vous venez de citer le G4, que devient ce groupement ?
Il continue, malgré quelques soubresauts dont nous ne connaissons pas encore la conclusion. Il est certain que les ponts semblent durablement coupés entre les dirigeants de Thomas Cook et ceux de Afat (à l’intérieur de AS Voyage). Nous observons la plus stricte neutralité face à ces discussions qui sont plutôt des réactions d’hommes que d’entreprises.
Les accords d’American Express et de AS Voyage ne vous excluent-ils pas des négociations du grand groupe américain ?
A ma connaissance, rien n’a encore été signé. Notre salle de marchés commune continue à fonctionner de manière très satisfaisante et je vous rappelle que le programme utilisé appartient à Manor.
Dans le G4, il existe deux types de tarifs : ceux consentis à l’ensemble des membres et ceux (il s’agit là d’incentives) particuliers à American Express pour ce qui est d’Air France et de la SNCF.
Eliminez-vous, pour Manor, l’hypothèse de la signature d’un accord-cadre avec American Express ?
Oui, je le pense. Parmi nos émetteurs importants de billetterie, 3 de nos adhérents envisagent des accords avec American Express, les accords se passeront directement, de gré à gré, sans l’intermédiaire de Manor.
Comment se passent les relations Manor/CEDIV ?
Au mieux. Déjà, nos commissions techniques réciproques se sont rapprochées ; nous avons traité en compagnie de Pascal Cordier du CEDIV, par exemple, tous nos accords avec les TO.
Y compris avec Jet Tours ?
Oui, absolument. Thomas Cook nous a promis de fournir une aide technique, en informatique, commerciale, même aux agences de Manor qui auront conservé leur complète autonomie. Denis Wathier est un homme de parole, quand il prend un engagement, il le tient ; il gagne à être connu.
Pouvez-vous poursuivre votre aven-ture seuls ou devez-vous vous rapprocher d’autres réseaux ?
Je ne prévois pas de difficulté pour les 2 ou 3 prochaines années puisque la quasi-totalité de nos accords est reconduite. Ensuite, je ne sais pas.
Envisageriez-vous un accord de rapprochement avec Thomas Cook ?
Cela me semble difficile sans l’exclure totalement : la vocation de Thomas Cook est dans le tourisme, la nôtre, prioritairement dans la billetterie.
Et avec TourCom ?
C’est un bon réseau, bien géré, soucieux de préserver l’indépendance de ses membres. Il est prématuré de parler de rapprochement… tout étant possible à moyen terme, y compris que nous restions isolés, dans notre configuration actuelle.
Renouvellerez-vous votre manifestation annuelle, le MTP (Manor Travel Partners) ?
Evidemment, son succès ne se dément pas. Pendant toute une journée, au Westin, nous permettrons que se rencontrent 80 partenaires et 400 de nos vendeurs, autour d’un workshop, d’un déjeuner, d’un cocktail.
Pensez-vous munir votre réseau de nouveaux outils ?
Nous avons consolidé Manor, au cours des dernières années, et favorisé les agences en redistribuant la totalité des incentives perçus. En particulier grâce à notre gestion à l’économie avec seulement 3 permanents salariés, l’ensemble des administrateurs, pourtant très impliqués et certains très actifs, intervenant bénévolement. Cela dit, nous devons réfléchir, tous ensemble, à nous donner les moyens de procéder à des investissements.
A quoi pensez-vous ?
A un outil multicanal. Nous avons un site Manor pour l’information du grand public et surtout de nos agences. Je crois que nous devons envisager un portail, éclaté en sous-portails pour chaque adhérent, nous permettant de présenter des produits de tourisme – en particulier des promotions et des propositions de dernière minute – comparables à ceux que les consommateurs peuvent trouver chez les « pure players » du Net.
Nous devons avoir une réflexion approfondie sur le multicanal. Nous ne sommes pas en avance dans ce domaine, bien qu’il semble que ceux qui sont partis bien avant nous ne soient pas très avancés en résultats. Ceux qui démarrent en dernier gagnent souvent du temps en évitant les erreurs commises par leurs prédécesseurs.
N’êtes-vous pas, chez Manor, un peu trop « mono-cultivateurs » : la billetterie et pas autre chose ?
C’est exact. Nous aimons nous vanter de nos scores en billetterie mais une rentabilité vraiment enviable n’est pas toujours au rendez-vous. Le Tourisme, chez nous, représente à peine 30 % de notre volume d’affaires or, c’est l’activité qui rapporte le plus. Je suis persuadé qu’il faut développer nos actions dans le tourisme à l’exportation, tout comme dans le tourisme réceptif, trop souvent abandonné aux offices de tourisme locaux.
Vous sentez-vous tenté par une marque collective et par l’organisation de GIR en commun ?
Nous ne sommes attirés par des GIR que pour des croisières. Pour le reste, nous nous appuyons sur les 50 TO référencés.
Nous ne voulons ni marque ni label Manor. Seulement manifester notre appartenance à un réseau de professionnels de qualité par l’apposition sur nos vitrines d’une vitrophanie Manor et de notre logo sur nos documents commerciaux. Notre marque, c’est celle de chacun de nos adhérents qui ont un impact certain, fort, rassurant, dans leur région.
Pour terminer cet entretien, quelle est votre vision de l’avenir ?
Pour le court terme, l’année 2010, je suis réservé pour ne pas dire inquiet. La concurrence s’accentue et tout particulièrement celle d’Internet et de ses spécialistes.
Pour regarder plus loin, je suis convaincu qu’il nous faudra être de plus en plus vigilants, bons gestionnaires, économes de nos deniers, très présents sur le terrain et utilisant les meilleurs outils informatiques, les plus récents, pour gagner en productivité. Nous ne reverrons plus les excellents bilans que nous avons connus. Les agences de proximité ne sont pas condamnées, loin de là, à condition de faire preuve d’imagination, de trouver des créneaux nouveaux, des clients supplémentaires, de profiter de la loi pour générer des recettes par des produits complémentaires au voyage. Nous devons surprendre et satisfaire le client en anticipant leurs besoins.
La présidence de Manor vous intéresse-t-elle toujours ?
C’est une fonction passionnante… et parfois ingrate. Mais j’ai été réélu récemment à l’unanimité, je suis en bonne santé, les adhérents me font confiance et je suis bien entouré par un excellent conseil d’administration et par des permanents compétents et efficaces. Le moment venu, j’aviserai, laissons passer le temps… |
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N°42-43 - Hiver/Printemps 2010
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Le bloc-note stratégique de Pierre Amalou |
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Actualités |
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Christian Mantéi, Directeur général Atout France |
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Raoul Nabet, Président APS |
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Métiers |
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Denis Wathier, président du Directoire Thomas Cook France |
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Patrice Caradec, président-directeur général Transat France |
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Florian Vighier, Directeur général Marmara |
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Philippe de Saint-Victor, directeur général AS Voyages (Afat/Selectour) |
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Richard Vainopoulos, président TourCom |
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Jean Korcia, Président GIE Manor |
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Christian Schmitter, Président-directeur général de CroisiEurope |
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Colette Viera da Silva, président-directeur général de Croisitour |
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José Martinez, Président-directeur général Amplitudes |
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Lionel Guérin, président-directeur général Transavia |
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Emmanuel Foiry, président-directeur général Kuoni France |
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Michel Thomas-Penette, Directeur Institut Européen des Itinéraires Culturels |
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Marc Watkins, président Comité pour la modernisation de l’hôtellerie |
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Destinations |
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Un hôtel pour un forum |
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Paul Roll, dg Office de Tourisme et des Congrès de Paris |
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Thierry Baudier, Délégué général Club France Terre de tourisme |
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Etudes |
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Stratégie d’une catégorie de voyageurs |
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Jean-François Minne, Président WTEA (World Tourism Experts Association) |
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De voyageur amateur à voyageur expert |
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