| Christian Schmitter, Président-directeur général de CroisiEurope |
| Les 4 enfants de Gérard Schmitter, fondateur du groupe, le dirigent aujourd’hui, chacun dans son domaine, mais tous polyvalents. |
Comment définissez-vous les valeurs de votre entreprise ?
C’est une entreprise familiale, qui a su rester modeste et humble dans son comportement, qui sait fidéliser ses clients par son excellent rapport qualité/prix et un respect scrupuleux de la promesse, qui a intégré une large palette de métiers, de la construction de nos bateaux – nous commandons des coques métalliques motorisées (nous choisissons le moteur et le fabricant) que nous équipons et décorons complètement avec, pour l’essentiel, nos propres équipes – jusqu’à la distribution de notre produit, en passant par les achats et la restauration. Maîtrisant toute la chaîne de la production, nous éliminons toutes les marges intermédiaires et aboutissons ainsi à des tarifs particulièrement attractifs, environ 30 % de moins que ceux de nos homologues.
Malgré la crise, poursuivez-vous votre programme de développement ?
Nous marquons un palier, faisons le dos rond, mais nous sommes capables de réagir très vite : en 15 mois, nous pouvons mettre à l’eau un nouveau bateau !
Dès le lancement de l’entreprise vous avez agi ainsi ?
Mon père a commencé avec des bateaux d’occasion et, quand il a voulu agrandir sa flotte, a simplement compris que, pour sortir de nouvelles unités à des prix comparables à l’occasion, il fallait les construire nous-mêmes. Depuis, nous sommes restés fidèles à cette politique.
Comment est organisée la direction de votre groupe ?
Mon père a passé la main en 1999. Depuis, il occupe ses loisirs par la peinture : natures mortes, paysages, personnages ; il crée quelque cent œuvres par an… qui vont décorer tous nos bateaux !
Avec mes 2 frères et ma sœur, nous nous sommes répartis les responsabilités ; nous sommes très proches les uns des autres, très complices et polyvalents. L’un de mes frères s’occupe de la construction et de tout ce qui est technique, l’autre de l’hôtellerie et de la restauration ; ma sœur centralise toute la trésorerie des exploitations ; pour ce qui me concerne, je m’occupe de la gestion et de la commercialisation.
Vous êtes le plus jeune des garçons, pourquoi êtes-vous le pdg ?
Parce que travailler très proche de mon père, ce n’était pas toujours facile ! J’étais sans doute le plus souple, le plus capable de relativiser, j’ai accepté la fonction de pdg. Mais chacun d’entre nous a le même nombre de parts, la répartition des tâches est équilibrée, les salaires sont identiques… et nous sommes convenus dès le départ que les conjoints ne seraient pas employés par l’entreprise !
Quelle est la fréquence de vos rencontres professionnelles familiales ?
Nous nous voyons sans cesse, et nous tenons un comité de direction tous les 4 (c’est une sorte de mini assemblée générale) une fois par mois, avec la participation du directeur financier.
Sur quels axes avez-vous des unités ?
Dans un premier temps, nous nous sommes développés sur l’axe Rhin-Danube. Depuis la transmission, nous nous sommes installés sur la Seine, le Rhône, en Italie, au Portugal, en Espagne… sans oublier notre navire spécialisé dans les croisières côtières en Méditerranée. Nous y avons été poussés par nos clients, très fidèles, qui aiment qu’on leur propose une nouveauté chaque année.
Quelle sera la prochaine ?
En France, la Gironde, la Dordogne, la Garonne au départ de Bordeaux : il n’y avait personne jusque là.
Faites-vous une étude de marché avant de lancer une nouvelle destination ?
Nous fonctionnons au feeling. Nous veillons à ce que l’attractivité soit forte : paysages, villes, histoire, gastronomie, vins…
Vos bateaux sont-ils tous identiques ?
Globalement oui, mais nous atteignons la troisième génération de nos plans, toujours avec plus de confort, d’espace.
Qu’en faites-vous en basse saison ?
Nous voguons en principe d’avril à octobre. Nous consacrons une partie de la basse saison à la maintenance et la rénovation – nous veillons à ce que tous les bateaux soient toujours au même niveau –, une autre aux vacances de nos personnels et à leur récupération des dépassements d’horaires en saison, et enfin quelques croisières ponctuelles, celles des fêtes de fin d’année, des marchés de Noël, des journées thématiques, etc. Nous consacrons en moyenne 2 M€ par an à nos travaux de rénovation.
Avez-vous cassé vos tarifs pendant la crise de 2009 ?
Certainement pas ! Comment expliquerions-nous ensuite à nos clients leur remontée au niveau normal ? Nous avons préféré ajouter de la valeur, du contenu : excursions, boissons, etc. Au final, nous avons amélioré notre chiffre d’affaires de 1,5 % en 2009…
D’où proviennent vos 40 % de clientèles non francophones ?
Ce sont des Allemands, des Anglais, des Scandinaves. C’est une politique délibérée mise en place voici 6 ans de ne plus être trop dépendants de la seule clientèle française.
Avez-vous vos propres circuits de recrutement à l’étranger ?
Nous avons ouvert une structure en direct en Belgique et en Suisse. Nous travaillons avec un agent en Allemagne qui émet quelque 23 000 clients. Il est performant et fait son développement avec les autocaristes allemands.
Les autocaristes français font-ils l’essentiel de votre apport de clientèle ?
75 % de nos clients nous parviennent sous forme de groupes, générés effectivement par les autocaristes et les agences groupistes. 25 % sont des clients individuels apportés pour moitié par les agences de voyages et le solde par nos agences en propre.
Appliquez-vous une politique commerciale de multicanal ?
Notre site informe plus qu’il ne vend ! Les agences doivent être plus performantes et compétitives, grâce à la technicité de leurs vendeurs, que le Net. Les inscriptions directes sur le Net représentent 3 % à 4 % du total. Elles progressent lentement.
Fournissez-vous le transport aérien à vos passagers français au départ de l’Hexagone ?
Nous avons des engagements aériens pour près de 6 M€, vers le Portugal, l’Andalousie, le Danube, la Croatie.
Comment imaginez-vous le développement de votre groupe ?
Dans la croisière fluviale, il y a encore beaucoup à faire, en investissant dans notre visibilité. Nous voulons également accentuer notre concept de croisières côtières, à bord de grands « yachts » à partager, navigant une demi-journée et laissant le reste du temps pour de belles excursions à terre. Nous avons tenu à maintenir, pour nos côtières, l’ambiance et le rythme de nos croisières fluviales. Après la Croatie, nous irons vers la mer Rouge, vers les Cyclades…
Enfin, nous allons construire un hôtel d’une centaine de chambres sur les quais de Strasbourg où seront hébergés nos clients avant leur croisière ou à leur retour. Cet établissement nous servira également de centre de formation pour notre personnel avant qu’il soit mis à disposition de nos bateaux. Nous en disposerons fin 2011/2012. |
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N°42-43 - Hiver/Printemps 2010
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Le bloc-note stratégique de Pierre Amalou |
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Actualités |
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Christian Mantéi, Directeur général Atout France |
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Raoul Nabet, Président APS |
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Métiers |
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Denis Wathier, président du Directoire Thomas Cook France |
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Patrice Caradec, président-directeur général Transat France |
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Florian Vighier, Directeur général Marmara |
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Philippe de Saint-Victor, directeur général AS Voyages (Afat/Selectour) |
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Richard Vainopoulos, président TourCom |
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Jean Korcia, Président GIE Manor |
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Christian Schmitter, Président-directeur général de CroisiEurope |
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Colette Viera da Silva, président-directeur général de Croisitour |
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José Martinez, Président-directeur général Amplitudes |
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Lionel Guérin, président-directeur général Transavia |
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Emmanuel Foiry, président-directeur général Kuoni France |
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Michel Thomas-Penette, Directeur Institut Européen des Itinéraires Culturels |
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Marc Watkins, président Comité pour la modernisation de l’hôtellerie |
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Destinations |
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Un hôtel pour un forum |
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Paul Roll, dg Office de Tourisme et des Congrès de Paris |
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Thierry Baudier, Délégué général Club France Terre de tourisme |
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Etudes |
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Stratégie d’une catégorie de voyageurs |
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Jean-François Minne, Président WTEA (World Tourism Experts Association) |
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De voyageur amateur à voyageur expert |
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