| Michel Thomas-Penette, Directeur Institut Européen des Itinéraires Culturels |
Le patron de l’IEIC est un homme passionné : ne le lancez pas sur sa mission,
vous ne pourrez plus l’arrêter ! L’IEIC, c’est pour les professionnels et leurs clients
une source inépuisable d’idées de circuits ou de destinations touristiques. |
Où est installé l’Institut ?
A Luxembourg, dans une ancienne abbaye, transformée ensuite en prison, dont les premiers bâtiments ont fait partie de la ville moyenâgeuse. A la fin des années 60, l’ensemble a été restauré et est devenu un centre culturel et de congrès.
Qui est à l’origine de l’Institut ?
L’Institut Européen des Itinéraires Culturels est un organisme privé, association de droit luxembourgeois créée en 1998 par le Conseil de l’Europe et par le gouvernement du Grand Duché du Luxembourg.
Quelle est sa vocation ?
Devenir l’agence technique d’un programme lancé par le Conseil de l’Europe, en 1996, quand les chemins conduisant à St Jacques de Compostelle ont été déclarés 1er itinéraire culturel européen. S’y était ajouté, à l’époque, un certain nombre d’autres thématiques, parfois expérimentales, tels des parcs et jardins, des religions, des villes d’histoire… Nous nous sommes installés à Luxembourg, nantis d’un héritage considérable de documentation et de savoir-faire, avec mission de conseiller et assister les porteurs de projets pour leur permettre de les mener à bonne fin.
Que faites-vous précisément ?
Nous gérons et diffusons la documentation, la mettons à la disposition des chercheurs ou initiateurs de projets, nous efforçons de les mettre sur les bons rails pour qu’ils obtiennent l’accord du Conseil de l’Europe.
Pouvez-vous être instigateurs d’un itinéraire ?
Cela nous arrive ; ce n’est pas notre vocation première. Nous devons accompagner les ébauches d’itinéraires qui nous sont apportées. Un exemple : nous travaillons actuellement sur un réseau de villes européennes qui souhaitent ouvrir au tourisme les grands cimetières. L’initiative vient de Bologne. A nous de les aider à déterminer les messages importants que peuvent faire passer les cimetières : de très beaux monuments, des célébrités de toutes catégories, des parcs paysagers superbes… Autre projet récent, initié en France mais qui s’étendra à l’Europe : les villes représentées par les peintres impressionnistes. Les responsables sont d’ailleurs en train d’évoluer vers l’expressionnisme pour être davantage européens. Nous intervenons également sur l’idée d’un itinéraire de la paix : des villes où se sont signés des traités de paix, où se sont tenues des négociations entre religions, etc.
Quels sont les buts initiaux des Itinéraires culturels ?
Avant tout, de générer des actions de coopération, des rencontres entre les hommes, leur permettre de travailler ensemble pour mieux se comprendre, de ceux qui organisent à ceux qui parcourent. Le message donné en 1984 par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe était très clair : faire en sorte que les Européens se redécouvrent en visitant leurs patrimoines, en les comprenant, en pratiquant un tourisme différent, de rencontres, en prenant le temps, un tourisme durable fait de dialogues. L’idée est de mettre en commun des héritages, par exemple le baroque commun, entre autres, à l’Italie, la Slovénie, la Croatie, la Hongrie, etc. Ou les sites cisterciens de la Pologne au Portugal en passant par la France…
Le souhait est-il qu’un itinéraire soit parcouru dans son intégralité ?
C’est l’idéal – et très difficile ! – mais on peut aussi le « consommer » par fractions. Nous avons listé des itinéraires très importants et d’autres plus modestes, comme, au Luxembourg et autour, des circuits transfrontaliers dans des villages ruraux, à la découverte de fermes, d’églises, pour démontrer que des unités existent d’un pays à l’autre. Parlons du baroque : le voyageur ne va pas aller de l’Est de l’Allemagne en Sicile, en passant par Londres. Mais il recevra non seulement une information locale, factuelle, mais également une information d’ensemble sur le baroque, pourquoi on le trouve ici et ailleurs, pourquoi il existe du baroque prestigieux et du baroque modeste, quotidien, comment il a influencé aussi bien la musique que les Beaux-Arts…
Combien d’itinéraires sont en place actuellement ?
25 ont reçu l’accord du Conseil de l’Europe. Depuis le 1er, Saint Jacques de Compostelle, jusqu’au dernier : les Chemins des Vignes qui n’est pas une succession de routes des vins mais une manière de faire visiter des vignobles avec leurs paysages, leur mémoire, leur savoir-faire. Dix-huit pays y participent.
A qui sont destinés les itinéraires ?
A toutes les populations, de tous les âges. Avec, systématiquement, un volet en direction des jeunes, des scolaires, et un volet de tourisme durable, qui respecte le développement local. L’un des intérêts des itinéraires, c’est que toutes les générations s’y retrouvent.
On peut supposer que certains itinéraires se croisent, se superposent. Comment en être informé ?
C’est l’une des fonctions de notre Institut d’assurer cette circulation d’information entre les différents réseaux ; nous organisons des rencontres, des stages de formation pour créer des synergies en reliant les itinéraires.
Considérez-vous que la marque « Europe » existe comme destination ?
Nous faisons des progrès. Après une période d’égoïsme où chaque pays ne voulait pas se mélanger aux autres, nous constatons une évolution encourageante vers une identité culturelle commune comme pour la construction d’une image unique et multiforme. L’Europe est devenue une famille qui s’entend, dont chaque membre est complémentaire. Nos itinéraires transversaux sont structurants, ils constituent un bon outil pour favoriser l’idée d’une destination Europe.
Collaborez-vous avec les tour-opérateurs qui pourraient « inventer des produits » sur et à partir de vos itinéraires ?
Nous n’en sommes qu’au début. Certains réseaux d’itinéraires ont mis cette collaboration dans leurs objectifs. C’est le cas de l’itinéraire Mozart, de St Jacques, etc. Nous avons commencé par les tour-opérateurs spécialisés, qui ont une vocation culturelle. Nous avons également monté un programme avec Costa Croisières sur l’Héritage al-Andalus, l’Espagne musulmane qui était simultanément juive et chrétienne puis ensuite sur plusieurs grandes « routes » historiques ; la première croisière se déroulera du 10 au 19 octobre 2010.
Que pouvez-vous apporter aux tour-opérateurs ?
Nous ne pouvons qu’enrichir les produits, en prenant en considération le fait que les touristes sont de plus en plus exigeants ; il existe aussi des demandes d’entreprises qui souhaitent bénéficier de rencontres d’exception au cours d’un séminaire ou d’un séjour incentive. Nous avons la capacité d’ouvrir des portes pour répondre à la demande de connaissances et de découvertes. |
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N°42-43 - Hiver/Printemps 2010
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Le bloc-note stratégique de Pierre Amalou |
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Actualités |
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Christian Mantéi, Directeur général Atout France |
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Raoul Nabet, Président APS |
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Métiers |
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Denis Wathier, président du Directoire Thomas Cook France |
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Patrice Caradec, président-directeur général Transat France |
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Florian Vighier, Directeur général Marmara |
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Philippe de Saint-Victor, directeur général AS Voyages (Afat/Selectour) |
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Richard Vainopoulos, président TourCom |
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Jean Korcia, Président GIE Manor |
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Christian Schmitter, Président-directeur général de CroisiEurope |
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Colette Viera da Silva, président-directeur général de Croisitour |
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José Martinez, Président-directeur général Amplitudes |
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Lionel Guérin, président-directeur général Transavia |
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Emmanuel Foiry, président-directeur général Kuoni France |
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Michel Thomas-Penette, Directeur Institut Européen des Itinéraires Culturels |
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Marc Watkins, président Comité pour la modernisation de l’hôtellerie |
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Destinations |
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Un hôtel pour un forum |
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Paul Roll, dg Office de Tourisme et des Congrès de Paris |
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Thierry Baudier, Délégué général Club France Terre de tourisme |
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Etudes |
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Stratégie d’une catégorie de voyageurs |
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Jean-François Minne, Président WTEA (World Tourism Experts Association) |
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De voyageur amateur à voyageur expert |
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