En 2007, la France comptait, selon les critères de définition pris en compte, entre 1,8 million et plus de 5 millions de personnes handicapées. Auxquelles il faudrait ajouter les personnes à mobilité réduite, telles les personnes âgées (plus de 5 millions de la population sont âgés de + de 75 ans).
Le guide de savoir-faire publié par Atout France relève que la « clientèle des personnes en situation de handicap représente un potentiel pour l’ensemble de l’industrie touristique ». Le label Tourisme & Handicaps est attribué à 3 346 sites en France qui offrent un accueil adapté pour les quatre types de handicaps : auditif, mental, moteur et visuel.
Il n’empêche que 81 % des personnes en situation de handicap jugent l’offre touristique présentée en France à leur intention « peu ou pas du tout satisfaisante ». 19 % seulement la jugent satisfaisante.
L’association Tourisme & Handicaps
Cette association, présidée par Annette Masson, compte 75 membres et 12 partenaires.
Les missions de l’association
Mobiliser le secteur touristique pour l’accès aux vacances des publics en situation de handicap.
Promouvoir toute action en faveur de l’accès aux vacances et aux loisirs.
Garantir une information fiable et objective sur l’accessibilité des sites et des équipements touristiques.
Participer au développement d’une offre touristique intégrée.
Ses actions en terme de formation
Intégration de la sensibilisation au handicap dans les programmes des BTS « Ventes et Productions Touristiques » et « Animation et Gestion Touristiques Locales ».
Mise en place d’une mallette pédagogique pour les enseignants.
Les obstacles au voyage
Santé et condition physique 32 %
Manque d’informations liées à l’accessibilité 20 %
Psychologiques, appréhension 12 %
Economiques (coûts et besoin d’accompagnement) 22 %
Leurs souhaits
72 % veulent voyager dans les mêmes conditions que les valides
Avoir une information fiable.
Une attente forte
Pour 64 % : un personnel d’accueil formé
Marie-Odile Vincent est handicapée : elle ne peut se déplacer qu’en fauteuil roulant. Mais elle a la passion du voyage, lointain de préférence, et souffre souvent d’insuffisance de considération et d’équipements inadaptés dans les aéroports, les avions, les excursions touristiques. Elle a mis à la disposition du groupe Voyageurs du Monde/Comptoir des Voyages, qu’elle conseille, ses compétences résultant d’expériences répétées. Avec elle, et les responsables du groupe, ont été mis au point deux chartes « basiques », à l’intention des aéroports et des compagnies aériennes… pour commencer. Avec la collaboration amicale de nos confrères de la presse professionnelle, nous souhaitons les promouvoir auprès de toutes les entreprises concernées. Avec la seule et modeste ambition de faire progresser ce « dossier ».
Avant cela, voici une rapide interview de Marie-Odile Vincent.
Aimeriez-vous qu’existent des voyages pour handicapés ?
Certaines associations les organisent. Nous ne souhaitons pas en proposer dans notre groupe. Nous sommes spécialistes du « sur mesure », nous voulons simplement conserver l’esprit de notre entreprise en adaptant certains voyages pour les rendre accessibles à tous et, tout particulièrement, aux personnes à mobilité réduite. Nous commençons par Comptoir des Voyages puis nous transposerons notre savoir-faire chez Voyageurs du Monde.
Combien de personnes handicapées vous ont confié leur voyage ?
Depuis le lancement de ce service, voici un an, une quarantaine de personnes sont parties avec nous, sans les familles ou amis. En individuel, des voyages complètement sur mesure…
Les prix pratiqués sont-ils beaucoup plus chers ?
Pas très différents sauf sur quelques destinations très lointaines car nous sommes obligés d’y ajouter une assistance aux actes quotidiens. Moi-même, quand je pars en voyage, je perds 99 % de mon autonomie !
Quelles sont les assistances apportées ?
Parfois, c’est une élève infirmière qui facilite la vie le matin et le soir, quand nous ne disposons pas d’équipements adaptés. En agissant ainsi, nous favorisons une rencontre humaine et formons une personne locale à une assistance qualifiée. C’est tout autre chose que d’obliger des personnes handicapées à se faire accompagner par un proche de bout en bout, générant ainsi des frais exorbitants.
Quelles personnes font appel à vous ?
Des personnes souffrant de handicaps physiques, qui ne sont pas en état de maladie. Nous ne pouvons prendre la responsabilité de soins.
Combien de personnes handicapées font de grands voyages chaque année ?
Quelques petites centaines, surtout par l’association des paralysés de France. Nous voudrions que notre expertise pour un petit nombre serve à tous ceux qui ont des problèmes de mobilité mais aussi que nous puissions en faire bénéficier les populations locales, que cela permette de scolariser des enfants handicapés, etc.
Quels sont les principaux problèmes que vous rencontrez ?
Dans la chaîne du transport, nous avons l’aéroport puis la compagnie aérienne avec un vide juridique sur leurs responsabilités respectives. On a souvent l’impression que nos interlocuteurs ont pensé à tout… mais que rien ne fonctionne correctement quand le client handicapé est là ! Il y a un monde de distance entre la structure annoncée et ce qui est vécu par le voyageur. Pourtant, nous veillons scrupuleusement à ce que tous les maillons de la chaîne soient prévenus.
Quelle est votre attente primordiale ?
Le droit à l’information ! Savoir, par exemple, que mes deux fauteuils (l’électrique et le mécanique) ont bien été embarqués dans l’avion dans lequel je me trouve. Et, évidemment, d’être traitée sans atteinte à ma dignité. J’aimerais beaucoup, également, que l’Europe, pour commencer, aboutisse à une harmonisation des procédures.
N’est-ce pas le cas ?
Non. Par exemple, alors que les compagnies ont le devoir de transporter gratuitement deux fauteuils – c’est précieux en cas d’avarie à l’un d’entre eux pendant le voyage – certaines veulent le faire payer en bagage supplémentaire. A l’ère d’Internet, il n’est pas normal que tous les obligations, droits, devoirs, informations, ne soient pas accessibles à tous et connus de tous ! Nous sommes obligés de fournir de nombreuses précisions sur notre état, nous aimerions que la réciproque soit vraie et que nous ne soyons pas ballottés sans considération. Nous demandons simplement qu’on nous traite comme une personne ; un exemple : la relation à l’autre est aussi dans le regard ; pourquoi, à l’embarquement, si je suis accompagnée, c’est à la personne qui est derrière moi que l’on s’adresse et pas à moi ?
Est-ce une question de formation ?
Pas vraiment : au plus les gens sont formés, au moins ils sont humains, ils perdent leur spontanéité. C’est plutôt question d’éducation.
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