| Paul Roll, dg Office de Tourisme et des Congrès de Paris |
| Certain que « sa » ville a tous les attraits, Paul Roll se refuse à dépenser de l’argent en publicité mais investit en présence sur tous les grands marchés émergents. |
Le Grand Paris, dont on parle tant, change-t-il quelque chose pour vous ?
Pour un touriste étranger, Roissy CDG, Disneyland, Versailles, etc. tout est Paris. Les espaces géographiques administratifs n’ont pas de sens pour lui. Un tiers de nos 2 200 adhérents n’est pas parisien. Paris est pour eux la porte d’entrée, un aspirateur à touristes.
Quelles sont les missions de votre institution ?
Statutairement, accueillir, informer, promouvoir. Nous y avons ajouté : être une plate-forme de vie commune, fournir un lieu « dédramatisé » aux métiers du tourisme pour vivre ensemble, trouver des synergies, présenter aux visiteurs des services complémentaires.
Quel est le montant des cotisations, pour quelles prestations ?
Entre 200 € et 11 000 € suivant les entités. En échange, nous proposons une panoplie « d’utilitaires » dans laquelle chacun pioche suivant son intérêt, ses besoins, sa curiosité. Il trouve chez nous une veille concurrentielle : des tendances, des statistiques, des dossiers thématiques austères et pointus, et 1 000 autres choses qui lui assurent un excellent retour sur son investissement.
Faites-vous de nombreuses études ?
Peu, plutôt que de dépenser dans ce domaine, nous préférons « digérer » toutes celles qui existent, en faire une synthèse utile, les « vulgariser » au profit de nos adhérents. Nous assurons une veille mondiale. Nous commandons seulement quelques études statistiques, de conjoncture.
Quelles conclusions générales tirez-vous de ce travail de comparaison d’études ?
Essentiellement, que le regard que les autres portent sur nous est clairement positif ! Paris est perçue comme une ville désirable, qu’on souhaite visiter en priorité. Seuls ceux qui ne sont jamais venus appréhendent notre accueil, c’est sur cette perception non justifiée que nous devons agir. En revanche, à 97 % ceux qui sont déjà venus souhaitent renouveler leur voyage.
Quels sont les reproches que vous enregistrez ?
Notre accueil, donc ; notre hôtellerie familiale, trop petite, aux chambres mal insonorisées ; une insuffisance de capacité hôtelière. En revanche, nous sommes crédités d’être une ville avant-gardiste dans la réflexion urbaine, dotée de très bons équipements collectifs, avec des événements majeurs.
Que faites-vous pour augmenter la capacité hôtelière ?
La ville a pris l’engagement de trouver dans son emprise foncière de quoi permettre de construire 7 000 nouvelles chambres. Parallèlement, le secteur privé a entrepris de transformer en hôtels de l’immobilier de bureaux. D’ici 2020, nous devrions disposer de 12 000 à 14 000 chambres supplémentaires en complément de ce qui se fera dans les départements limitrophes. Le danger, c’est que trop d’établissements soient construits en périphérie dans des zones d’aménagement non touristiques. Cela pose des problèmes de sécurité et d’image.
Comment répartissez-vous mieux les visiteurs sur l’année ?
Nous montons des thématiques transversales de très basses saisons : pour citer quelques exemples, Christmas Shopping en décembre, Soldes en janvier, Romantisme en février… Il nous reste à faire vivre les dimanches, avec plus d’ouvertures dominicales, car nous constatons un taux d’occupation en week-ends inférieur de 20 % aux autres jours de la semaine.
Quelles sont vos prévisions pour 2010 ?
2007 et 2008 ont été les plus belles années de notre histoire. En 2009, la désaffection conjoncturelle des Anglais et des Espagnols a été marquée, alors que les Américains sont revenus au cours des derniers mois. 2010 devrait être en progrès sur 2009 mais il nous faudra du temps avant de retrouver les chiffres d’affaires antérieurs, même si le taux d’occupation repart à la hausse.
Comment ont évolué les recettes par client ?
Le grand luxe bien positionné a conservé ses tarifs. Le haut de gamme de l’hôtellerie mal positionné, pas rénové, avec une adresse médiocre a souffert. Il est grand temps qu’on engage des travaux de mise à niveau. Sur la restauration, les clients sont descendus de gamme. Les grands magasins ont des soldes d’activité positifs à fin 2009.
Qu’apporte la 5e étoile des hôtels ?
Elle clarifie l’offre. Reste à travailler le sujet du grand luxe…
Que pensez-vous du Comité de modernisation de l’hôtellerie de Marc Watkins ?
Il fait beaucoup de mal en tenant un discours générique sur la destination. Il évoque surtout la vieille hôtellerie de préfecture, oubliant tout ce qui a été fait dans les grandes villes qui tirent l’image de la France vers le haut.
Revenons à l’office. De quels moyens financiers disposez-vous ?
Nous avons un budget de 11 M€ : nous générons 25 % de nos ressources, les 75 % restant sont apportés à raison de 85 % par la ville, 15 % par le CCIP. Nous ne dépensons pas un centime en publicité, considérant que l’attractivité de Paris est suffisante pour attirer les touristes. Nous nous attachons plutôt à faciliter la vie des visiteurs et des opérateurs en mettant à leur disposition des outils : photothèques en ligne libre de droit, dossiers thématiques, etc. Nous accueillons quelques centaines de journalistes par an pour des séjours très ciblés pour leur donner matière à parler de la ville et de tous ses atouts, dans tous les domaines.
Votre site suggère une centaine d’événements incontournables. Qu’en font les opérateurs ?
Rares sont les programmes montés spécifiquement autour ou à l’occasion d’un événement. Les opérateurs nous demandent de la matière pour nourrir leurs sites, pour inciter leurs clients au voyage. Nous jouons pour eux, en quelque sorte, le rôle d’une agence de presse en leur fournissant, par nos lettres, des informations à jour.
Avec quelle anticipation pouvez-vous annoncer les événements ?
Jusqu’à peu, nous avions une visibilité de 3 à 5 mois ; aujourd’hui, nous atteignons 12 mois.
C’est encore peu pour une mise en brochure !
Ils ne sont pas mis en brochure. Les opérateurs travaillent surtout sur la dernière minute, par mail. Notre travail consiste à donner une ambiance, plus qu’à préciser les dates.
Quels sont vos grands marchés d’avenir ?
A court terme, surtout les Européens qui voyagent en autocar ; d’ici 2020, les Américains qui vont retrouver la croissance et pour lesquels la France est redevenu le pays le plus désiré. Et aussi les Chinois, les Brésiliens, les Indiens, les Russes. Nous sommes en train de basculer d’un monde assez occidental (dans lequel j’inclus les Japonais !) vers un monde de pays émergents dont nous devrons intégrer les cultures, les traditions, des horaires nouveaux… et nous y adapter. Nous y travaillons avec les Comités spécialisés par pays d’origine de nos visiteurs.
Qu’est-ce qu’un Comité ?
C’est un groupement volontaire d’entreprises parisiennes de tous les métiers qui voient l’intérêt d’une préparation systématique et adéquate, spécifique à chaque marché émetteur. En 1999, Christian Mantéi, très en avant-garde, avait créé les Comités Japon et Chine. Depuis nous avons ajouté la Corée, l’Inde, la Russie, le Brésil ; nous ajoutons maintenant le Mexique, la Thaïlande. Nous fournissons les grands chiffres, les perspectives, nous préparons ensemble des outils de communication, des manuels de vente, l’accueil de journalistes, nous nous rendons ensemble dans le pays émetteur pour une tournée de présentation et commerciale. Ce sont des démarches laborieuses et discrètes mais à l’issue desquelles chaque opérateur a une vraie conscience du marché et a noué des contacts commerciaux.
Considérez-vous que nous avons en France les réceptifs que notre pays mérite ?
Nous avons quelques entreprises remarquables mais je ne connais pas d’opérateur français capable de traiter un dossier européen pour un émetteur lointain qui veut un seul interlocuteur pour la destination Europe. Nous avons des champions d’Europe mais ce sont des hôteliers. Le marché du réceptif contractuel est entre les mains de grossistes étrangers, très équipés sur le plan technologique, automatisés, qui vendent ce qu’on leur demande mais ne font pas de promotion de la destination.
Le marché franco-français est-il important pour Paris ?
Fondamental, il représente 40 % du total. C’est un marché d’individuels, réalisé avec des outils de dernière minute.
Quel est l’impact du Net sur vos activités ?
Nous y enregistrons près de 7 millions de contacts uniques annuels, avec lecture de 8 pages en moyenne. C’est notre premier canal d’information. Pour le grand public, nous proposons un site quadrilingue (français, anglais, espagnol, allemand) ; nous correspondons avec nos adhérents par Extranet, ils pourront bientôt (février 2011) entrer en direct leurs promotions.
Un individu peut-il acheter une prestation par l’intermédiaire de votre portail ?
Dans notre boutique en ligne, on peut effectivement réserver un hôtel, un pass transport, un musée, etc.
Constatez-vous de nouveaux comportements chez les opérateurs ?
Les gros opérateurs on line ont des outils extrêmement performants et obtiennent des prix nets intéressants, en commissions et sur les stocks. L’avantage d’un TO, s’il a su devenir moderne, c’est de rester en phase avec le marché, avec une approche et des propositions parfaitement adaptées à chaque contrainte de pays émetteur. Les hôtels ont partiellement perdu la main sur leur distribution ; leur taux d’occupation s’est amélioré mais avec un coût plus important. Il leur faut rechercher un nouvel équilibre dans leur commercialisation.
Avec vous, à l’OT, des équipes spécialisées ?
Nous avons mis en place deux blocs d’équipes : les Loisirs et les Affaires, cette dernière s’occupant entre autre des congrès (elle travaille les 300 associations mondiales susceptibles de tenir un congrès à Paris), nous avons réussi à reprendre la première place des villes européennes de congrès, ex-aequo avec Vienne (Autriche), en nombre de congrès et nous sommes seuls en tête en nombre de congressistes. |
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N°42-43 - Hiver/Printemps 2010
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Le bloc-note stratégique de Pierre Amalou |
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Actualités |
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Christian Mantéi, Directeur général Atout France |
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Raoul Nabet, Président APS |
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Métiers |
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Denis Wathier, président du Directoire Thomas Cook France |
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Patrice Caradec, président-directeur général Transat France |
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Florian Vighier, Directeur général Marmara |
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Philippe de Saint-Victor, directeur général AS Voyages (Afat/Selectour) |
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Richard Vainopoulos, président TourCom |
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Jean Korcia, Président GIE Manor |
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Christian Schmitter, Président-directeur général de CroisiEurope |
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Colette Viera da Silva, président-directeur général de Croisitour |
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José Martinez, Président-directeur général Amplitudes |
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Lionel Guérin, président-directeur général Transavia |
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Emmanuel Foiry, président-directeur général Kuoni France |
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Michel Thomas-Penette, Directeur Institut Européen des Itinéraires Culturels |
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Marc Watkins, président Comité pour la modernisation de l’hôtellerie |
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Destinations |
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Un hôtel pour un forum |
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Paul Roll, dg Office de Tourisme et des Congrès de Paris |
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Thierry Baudier, Délégué général Club France Terre de tourisme |
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Etudes |
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Stratégie d’une catégorie de voyageurs |
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Jean-François Minne, Président WTEA (World Tourism Experts Association) |
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De voyageur amateur à voyageur expert |
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